Voitures partagées : vers une meilleure accessibilité pour les familles à Bruxelles

12 mars 2025

La Ligue des familles partage sa récente étude – en partenariat avec autodelen.net (Flandre) – portant sur l’utilisation de l’autopartage pour les familles bruxelloise. Grâce au soutien de Bruxelles Environnement et de Bruxelles Mobilité, 19 familles aux profils divers ont pu tester, sur une durée de deux mois, trois services : Cambio, Poppy et Miles. L’objectif ? Identifier les freins et les avantages d’une mobilité durable pour les familles avec enfants, mais aussi diffuser les recommandations nécessaires aux pouvoirs publics et aux opérateurs d’autopartage.

Ça a un coût mais il faut comparer avec le vrai coût d’une voiture qui revient généralement à 300-400€ par mois. Le principe de partage de cet objet que l’on n’utilise pas tous les jours, c’est génial comme concept et en terme de valeur c’est important.” Témoignage relevé par la Ligue des Familles

Le déroulement

19 familles ont été sélectionnées pour participer à cette expérience de mobilité. Parmi elles : dix sont « traditionnelles » (parents en couple avec l’autre parent de leurs enfants) alors que les autres sont monoparentales ou recomposées (avec un à sept enfants, entre 1 et 16 ans). Parmi les familles, trois d’entre elles étaient concernées par le handicap. Le test a démarré le 1er octobre 2024 via l’application Olympus Mobility qui propose des voitures partagées Cambio, Poppy ou Miles. Après deux mois d’utilisation – un feed-back était demandé aux familles toutes les deux semaines sur leur(s) trajet(s) – la LDF a effectué des entretiens téléphoniques afin de savoir comment l’expérience s’était déroulée.

C’était agréable de ne pas devoir prendre les transports en commun pour certains trajets (courses, froid…). C’est beaucoup plus pratique et confortable d’avoir une voiture, on n’a pas le bruit, ni les odeurs, c’est plus sympa (sans pour autant devoir l’acheter).” Témoignage relevé par la Ligue des Familles

Les freins

Selon l’étude de la Ligue des Familles, le retour d’expérience des familles fut concluant malgré certaines difficultés rencontrées ; d’ordre fonctionnelle notamment. En effet, l’utilisation et la compréhension des services via le numérique (application, réservation, vérification de l’état de la voiture) a nécessité un accompagnement pour les familles. La deuxième difficulté est d’ordre logistique pour les familles avec de jeunes enfants et nécessitant l’utilisation d’un siège auto. La troisième difficulté relatée est liée à la disponibilité des voitures dite familiales et donc plus adaptées aux familles nombreuses. En conclusion, les pouvoirs publics et les opérateurs d’autopartage doivent davantage prendre en compte les besoins spécifiques des familles et adapter leurs offres en conséquence.

Les premiers moments pour s’y retrouver : trouver la clé, débloquer la voiture, le cadenas, faire le tour… C’est un truc à expliquer aux gens, comment trouver la station… Comment trouver la clé tout de suite. Chercher sur internet, c’est compliqué.” Témoignage relevé par la LDF

Les recommandations

La Ligue des Familles a ainsi pu tirer ses conclusions. Il ressort plusieurs points d’attention : des sièges pour enfants doivent être installés, il faut une estimation plus précise du coût des trajets, des tarifs réduits et une caution adaptée, un système de contrôle de la propreté, un signalement plus facile des dégâts ou encore la mise en place d’un accompagnement individualisé pour les familles qui rencontrent des difficultés avec le numérique. Il serait également nécessaire de proposer aux familles un accompagnement qui précéderait l’utilisation de l’autopartage afin de ne pas rencontrer de difficultés lors de son utilisation.

Si ces mesures étaient adoptées, elles contribueraient à rendre l’autopartage plus attrayant et pratique pour les familles, contribuant ainsi à la réduction de l’utilisation de voitures individuelles et à une mobilité plus durable.” La Ligue des Familles

→ Consulter l’étude complète

Samuel Walheer